Des questions toujours sans réponses autour du terrain des 7 hectares à Fleury-Mérogis


25 octobre 2019

Hydrocarbure, amiante et bitume, voici ce que les dernières analyses effectuées sur le terrain des 7 hectares à Fleury-Mérogis révèlent au grand jour. La ville porte plainte.

Le terrain des 7 hectares serait pollué
Le terrain des 7 hectares serait pollué

Voilà un sujet qui n’a pas fini de faire parler dans cette commune de 11 000 habitants. Car depuis le printemps 2017, nombreux sont ceux qui s’interrogent quant à l’origine et à ce que contiennent les terres importées à Fleury-Mérogis, sur le terrain dit des 7 hectares.

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Depuis le 11 octobre donc, on en sait un peu plus. Après avoir demandé la réalisation de nouveaux prélèvements sur le terrain par un expert indépendant, les résultats semblent sans équivoque. « Le terrain des 7 hectares est pollué », tonne Olivier Corzani, le maire de la commune.

Hydrocarbures, bitumes et traces d’amiante

Qu’y a-t-il précisément dans les sols ? « Les analyses révèlent la présence d’hydrocarbures, de bitumes et de présences de fibres d’amiante« , certifie Eric Branquet, expert environnement depuis 25 ans notamment auprès la cour d’appel de Paris. 

L’homme a réalisé plusieurs prélèvements, sur différents secteurs du terrain sélectionnés au hasard. « A chaque endroit, on retrouve ces différents matériaux. Les concentrations d’hydrocarbures sont bien plus importantes que les seuils moyens. Il s’agit bel et bien de gravats issus d’un chantier », assène-t-il.

L’expert estime que ces gravats représentent 10 à 15% de l’ensemble des matières importées sur le dit terrain. A ce propos, Eric Branquet considère que près de 300 000 tonnes ont été déversées sur le site, contre 200 000 prévues initialement. 

« Gravissime »

On semble alors bien loin du projet initié par l’ancien maire David Derrouet et par maintenu par celle qui l’a succédé, Aline Cabeza. Interrogé sur ce sujet, David Derrouet a tenu à rappeler la genèse du projet. « Le but était d’apporter des terres végétales pour permettre la culture de légumineux. Il s’agissait d’un vrai et grand projet environnemental », abonde-t-il.

L’homme se dit « stupéfait » de ces résultats qu’il juge comme étant « gravissimes ». Il fait également référence à une première analyse qui avait été conduite par celle qui lui a succédé dans le fauteuil de maire. « Les conclusions de cette première analyse sont tout autres, explique-t-il. Comment peut-on en arriver à deux analyses contradictoires, d’autant plus que les services de la préfecture ont suivi de près le dossier », s’interroge le maire démissionnaire à l’été 2017, qui garantit « ne pas en savoir plus ».

Plainte contre X

Que s’est-il passé ? C’est bien la question que se posent les riverains. Car aujourd’hui, les conséquences pour la commune sont importantes. « En plus d’être devenu impropre à tout type de culture, le terrain est tout bonnement inutilisable pour tout autre projet. Qui va prendre la charge de la dépollution ? », peste Olivier Corzani. 

L'annonce du dépôt de plainte contre X a été faite lors d'une réunion publique le 11 octobre dernier
L’annonce du dépôt de plainte contre X a été faite lors d’une réunion publique le 11 octobre dernier

La ville a décidé de prendre un avocat et de porter se dossier devant la justice avec le dépôt d’une plainte contre X. « Il faut que la vérité soit faite autour de ce terrain. Il y a des zones d’ombre qui restent en suspens. De quels chantiers proviennent ces terres ? Quelles opérations économiques et au bénéfice de qui ? Ce sont, aujourd’hui, des questions sans réponses », rapporte l’avocat. 

Pour autant, cette procédure au pénal pourrait être longue, très longue même. Comme l’indique l’avocat de la commune de Fleury-Mérogis, la procédure pourrait prendre « 3 à 4 ans au minimum ». 

Autant d’années qui bloqueront tout projet sur le site…

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